Notre plan énergétique du Grenelle n'est pas pertinent
pour le bâtiment |
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Le
"Paquet
climat-énergie" du Grenelle de l'environnement, et
l'obligation de
respecter notre engagement pris en 2007 vis à vis de
l'Europe doivent
permettre, sur la base de 1990, d'atteindre en 2020 les trois objectifs
suivants :
· 20% d’économies
d’énergie.
· 20% d’émissions
de gaz à effet de serre en moins. · 23% d’énergies renouvelables (contre 15% aujourd'hui). Il est important de souligner que nous produisons annuellement en France 9 tonnes de CO² par habitant alors qu'il faudrait très rapidement descendre à 2 tonnes, soit 4,5 fois moins pour stabiliser la concentration en CO² de l'atmosphère, ce qui est considérable. Cet engagement de 20% ne représente donc qu'une très timide avancée. L'état
des lieux
Dans le secteur du bâtiment, la consommation moyenne des habitations se situe actuellement à 370kWh/m².an, alors qu'une isolation performante des bâtiments existants permettrait d'arriver à moins de 100kWh/m².an. En augmentant notre confort, l'on pourrait ainsi baisser notre consommation d'énergie d'un facteur 4. Avec
24% des émissions totales de
CO², le secteur du bâtiment pourrait ainsi
réduire d'une façon presque aussi
importante ses émissions de CO². En France, nous ne constatons depuis les années 1990 aucune baisse significative de nos émissions de CO². http://www.industrie.gouv.fr/energie/statisti/pdf/depliant.pdf Le "Plan soleil 2000-2006" et les autres mesures d'économie d'énergie n'ont donc pas été suffisamment énergiques. Nous sommes très loin des objectifs à atteindre et , il convient donc d'être efficace dans l'utilisation des fonds publics locaux utilisés dans les économies d'énergie et dans la lutte contre l'effet de serre. Les énergies renouvelables remises en cause Le plus simple moyen pour respecter le "Paquet climat-énergie" consiste à réduire notre consommation d'énergies carbonées, ce qui entraîne automatiquement une baisse de nos émissions de CO²; et cette baisse de consommation entraîne aussi automatiquement une augmentation de notre part d'énergies renouvelables . Ainsi avec la seule baisse de notre consommation d'énergie les trois objectifs du paquet "énergie-climat" peuvent être atteints. Le choix fait en France en 2000 de privilégier l'augmentation de la production d'énergies renouvelables ne présente pas une bonne efficacité. En
Belgique, (suite à la
publication d'une étude réalisée
par l'Université de
Mons sur la pertinence des mesures visant à la
réduction la plus rapide
de nos émissions de CO)², un débat sur
la priorité de
l'isolation dans les travaux de rénovation à
réaliser fait l'objet
d'interventions auprès du Parlement
Wallon. Ce débat débute timidement en Allemagne,
et il serait bon qu'il se
développe aussi en France. L'étude de la DGTPE sur l'efficacité environnementale du crédit d'impôtUne des conclusions du document de la DGTPE du 29 janvier 2007 sur l'efficacité environnementale du crédit d'impôt, est que le coût budgétaire brut d'une tonne de CO² évitée va de 2€ pour l'isolation thermique des parois opaques, à 300€ pour le solaire thermique. Source : DGTPE. CBTC :
Chaudières Basse
Température Collectives ; CBTI :
Chaudières Basse Température
Individuelles ; CCC : Chaudières
à condensation collectives ;
CCI : Chaudières à condensation
individuelles ; PAC : Pompes à
chaleur. L'étude de l'Université de Mons sur l'ordre de priorité des travauxPour réduire rapidement nos émissions de CO², l'Université de Mons préconise comme première mesure l'isolation, et en dernières mesures le solaire thermique et enfin le photovoltaïque. 1. L'isolation
thermique. 2. L'étanchéité de
l'enveloppe extérieure, évitant le passage ou le
courant d'air froid. 3. La ventilation
avec récupération de chaleur. 4. L'entretien et
le cas échéant, le remplacement de la
chaudière. 5. La production d'eau chaude grâce à l'énergie solaire. 6. L'installation photovoltaïque. L'étude McKinsey, RWE, Fédération allemande des ERN sur les coût des réductions d'émission de CO²Des extraits de cette étude publiés dans Spiegel Online le 10 février 2009, il ressort que l'investissement pour réduire nos émissions de CO² est une solution immédiatement rentable pour l'isolation, et que pour la biomasse et l'éolienne elle est de l'ordre de 8 fois moins coûteuse que pour le photovoltaïque. La non pertinence des investissements en éolien et surtout en photovoltaïque, mais aussi des certificats de CO² commence à se manifester outre-Rhin parmi les Grünen. http://www.environnementdurable.net/documents/html/spiegel0208.htm http://www.spiegel.de/international/business/0,1518,606763,00.html L'étude de Solaire 2000/Jean-Louis Gaby sur la rentabilité énergétique par euro investi
Notas: PVR = installation photovoltaïque avec vente de courant à EDF Les durées de vie ont été estimées par l'auteur. Comme les problèmes du réchauffement climatique et de la déplétion des ressources en énergie doivent être résolus au plus tôt, il conviendrait de choisir les solutions les plus efficaces à court terme, donc de la colonne de gauche, en excluant évidemment l'option nucléaire qui est une solution totalement inacceptable, car elle crée plus de problèmes insolubles qu'elle n'apporte de solutions. L'étude Télésuiweb de la Région Rhône-Alpes pour les chauffe-eau solaire individuelsLa Région Rhône-Alpes finance depuis cette année l'installation de compteurs de chaleur sur des chauffe-eau solaires individuels, d'un coût de 600€TTC à 1000€TTC, pour vérifier leurs performances (source : Qualit'EnR infos de Mars 2009). Ces mesures de l'apport solaire permettront de constater que les CESI ont des performances très limitées, et que l'économie énergétique réalisée représente très peu par rapport à la consommation du chauffage des locaux, et donc que la réduction des émissions de CO² est faible en regard de l'investissement réalisé. Le soutien financier au solaire thermique (chauffe-eau et chauffage)Les CESI permettent des apports d'environ 1700kWh/an (et parfois beaucoup moins), alors qu'une installation de chauffage (SSC) avec 18m² de capteurs solaires thermiques correctement installés fournit environ 7000kWh/an à une installation existante de chauffage central par radiateurs. Je l'ai constaté chez moi depuis vingt ans, puis sur la quinzaine d'installations de chauffage que j'ai réalisées, car elles sont toutes équipées d'un compteur de chaleur (sans financement public). Une autre raison pour privilégier le chauffage solaire est que lorsqu'un chauffe-eau solaire est installé, l'installation ultérieure d'un chauffage solaire nécessite de remplacer toute l'installation existante du CESI. Il serait donc pertinent de favoriser prioritairement les SSC.
L'enquête de l'ANAH sur les travaux envisagésSelon l'enquête réalisée en 2005 par l'ANAH sur des propriétaires bailleurs, on remarque que seulement 3% des propriétaires bailleurs envisagent de réaliser des travaux d'isolation sous trois ans, contre 11% qui envisagent des rénovations de façades et 19% qui envisagent de refaire sols et murs. Les propriétaires occupants réalisent aussi très peu des travaux d'isolation, et encore moins en isolation par l'extérieur. Ces travaux sont amortissable très rapidement, mais hélas nous pouvons tous constater que paradoxalement les travaux d'isolation sont très loin d'avoir la même croissance que celle des installations solaires. Seule une aide spécifique permettrait de booster le développement de l'isolation, en particulier de l'isolation extérieure qui est la plus performante et qui améliore le confort thermique en particulier l'été grâce à une inertie forte. Elle est de plus relativement facile à mettre en œuvre pour la plupart des maisons de moins de 50ans lors de la réfection de l'enduit. L'étude de l'OPEN sur la mauvaise qualité des travaux d'isolationUne étude
réalisée en 2007 par l’Observatoire
permanent de l’amélioration
énergétique du logement (OPEN), mis
en place
par l’Ademe révèle que, sur deux
millions et demi de logements « la qualité
énergétique des logements obtenue
après travaux reste insuffisante dans plus de
90 % des cas ». L'argent public est donc mal
utilisé. Une formation
sérieuse devrait être mise en place
et associée à des contrôles. La formation est très inégale dans les nouvelles techniques du bâtimentLes formations des artisans du bâtiment sont parfois réalisées sans qualité ni sérieux : seulement une partie des diaporama du référentiel sont projetées, non maîtrise du sujet par l'intervenant et contrôle bidon pour obtenir l'agrément. Les bureaux
d'études et les architectes, même les
plus prestigieux, présentent très souvent des
lacunes dans le domaine des
nouvelles techniques du bâtiment, et devraient
également recevoir des
formations de qualité. L'audit des installations solairesDans la réalité quelques installations solaires présentent de graves défauts et certaines ne fonctionnent pas. L'audit réalisé localement par des contrôleurs ayant suivi une formation de deux jours, n'est guère sérieux. Le pourcentage d'antigel du circuit solaire, le débit, les températures et les réglages de la régulation ne sont pas contrôlés. Une formation complémentaire et un contrôle de ces audits seraient nécessaires. Des matériels homologués et sélectionnés pas toujours performantsIl se pose des problèmes de fiabilité pour les matériels pourtant homologués et sélectionnés par Enerplan : fuites d'antigel aux raccords montés en usine, fuites aux raccords des capteurs dus à une absence de prise en considération de la dilatation causée par les forts écarts de température, défaut de joint d'étanchéité de résistance chauffante d'appoint, matériels non isolés, thermomètres dont la vitre ne tient pas, télécommande non fiable, circulation nocturne dans les capteurs, tôles d'étanchéité en toiture mal découpées et occasionnant parfois des fuites, pénétration d'insectes dans les capteurs, blocage en quelques mois de mitigeurs thermostatiques, modules photovoltaïques de type et de couleurs différentes livrés pour une même installation, etc. Les fabricants et fournisseurs devraient être certifiés ISO 9001 et 14001. Favoriser l'isolation par l'extérieur et l'inertie fortePour aller vers une réduction optimum et rapide des émissions de CO², et des consommations d'énergies des bâtiments, le crédit d'impôt devrait donc favoriser prioritairement les travaux d'isolation performants (donc l'isolation par l'extérieur et l'inertie forte), puis faire des choix pertinents à l'aide du Diagnostic de Performances Energétique (DPE) des logement en terminant par le photovoltaïque. Jean-Louis Gaby Mai 2009 |